Rédiger un certificat de travail engage l’entreprise et accompagne souvent la personne pendant des années de candidatures. La loi est brève, jurisprudence et autorités plus détaillées. Voici les exigences de l’art. 330a CO : type exigible, contenu, vérité et bienveillance, puis organisation du processus.
Droit selon l’art. 330a CO
Selon l’art. 330a CO, al. 1, le personnel peut demander à l’employeur un certificat en tout temps. Celui-ci porte sur la nature et la durée des rapports de travail ainsi que sur la qualité du travail et la conduite. « En tout temps » signifie que ce droit ne naît pas seulement au moment du départ de l’entreprise. Selon le SECO, prescription dix ans après fin du contrat.
Certificat complet ou attestation
Deux formes légales :
- Complet, dit qualifié (al. 1) : nature, durée, prestations, conduite.
- Attestation (al. 2) : sur demande expresse, uniquement nature et durée.
Le choix appartient à la personne concernée. Selon l’ATF 129 III 177, consid. 3.2, l’employeur ne peut établir une simple attestation que si elle est expressément demandée. La personne peut refuser une attestation établie contre sa volonté. Si elle demande un certificat complet, elle ne peut pas choisir de faire évaluer uniquement ses prestations ou uniquement sa conduite : les deux appréciations doivent figurer dans le document. Selon la doctrine citée dans cet arrêt, le premier choix n’épuise pas le droit. Il reste possible de demander ensuite un certificat complet après une attestation, ou une attestation après un certificat complet.
Intermédiaire ou final
La loi utilise seulement le terme « certificat ». Le SECO précise qu’il peut être établi pendant les rapports de travail comme certificat intermédiaire, ou à leur fin comme certificat final. Dans la pratique, un intermédiaire est utile lors d’un changement de responsable, d’une réorganisation ou d’une candidature interne ou externe. Il s’écrit généralement au présent, par exemple « travaille depuis… ». Le final décrit au passé la période terminée, par exemple « a travaillé du… au… ».
Structure du certificat complet
Le SECO recommande :
- identité des deux parties ;
- début et fin ;
- liste détaillée des fonctions/tâches importantes avec durées ;
- évaluation significative de qualité/quantité et conduite ;
- signature valable de l’employeur et date, normalement dernier jour du contrat.
Sur la forme, le document doit être dactylographié sur un papier de bonne qualité, rédigé correctement et dépourvu de ratures. L’ordre suivant est fréquent en pratique, sans être prescrit par la loi : en-tête de l’entreprise, titre, informations sur la personne et l’emploi, tâches, évaluation des prestations, appréciation de la conduite, motif du départ seulement s’il est souhaité, puis formule finale avec remerciements, regrets et vœux. Le lieu, la date et la signature terminent le document. Pour les cadres, la pratique ajoute une appréciation de la manière de diriger.
Vrai, complet et bienveillant
L’ATF 136 III 510, consid. 4.1, concilie avenir professionnel favorisé par la bienveillance et image fidèle pour les employeurs futurs : vérité et complétude. Les faits négatifs de prestation doivent être mentionnés s’ils sont importants pour l’ensemble. Même approche SECO : pas d’omission significative, mais ni incident isolé ni détail insignifiant.
Le SECO exclut ambiguïtés et codes : phrases apparemment positives cachant du négatif aux initiés. Un lecteur extérieur doit comprendre littéralement. Pour graduer, décrivez objectivement, par exemple « travaille de manière autonome et fiable », sans signaux cachés.
Dans la pratique, de nombreuses entreprises utilisent des formules de satisfaction pour graduer les appréciations. Il n’existe cependant aucune échelle de notes officielle et uniforme. Deux lecteurs peuvent donner des sens différents à la même formule. Vérifiez donc chaque niveau à partir d’observations concrètes sur la manière dont la personne a réellement travaillé.
Mentions admises et exclues
Le SECO limite aux éléments nécessaires à l’évaluation professionnelle ; aucun fait sans lien direct. En pratique, date de naissance et motif du départ seulement sur demande expresse.
Selon ATF 136 III 510, consid. 4.1, une maladie doit apparaître si elle a fortement influencé prestations/conduite ou aptitude et constitué un motif objectif de fin. Cas jugé : plus d’un an d’absence sans retour prévisible (consid. 4.4). Les interruptions longues, même médicales, sont mentionnées si leur poids relatif à l’emploi créerait sinon une fausse impression d’expérience. Tout dépend du cas. Une maladie guérie sans effet sur l’évaluation ne doit pas apparaître. Consultez avant rédaction dans le doute.
Contestation
Si la personne n’accepte pas le contenu, elle peut saisir le tribunal compétent d’une action en rectification ou demander à la place une attestation de travail, selon l’ATF 129 III 177, consid. 3.3. Le droit d’obtenir un certificat peut être exercé en justice sans qu’un accord sur le contenu ait d’abord été trouvé. Un projet objectivement motivé, discuté suffisamment tôt avec la personne, permet d’éviter beaucoup de conflits.
Exemple pratique : Muster Gartenbau AG
Entreprise fictive, 22 personnes. M. Lenz, chef d’équipe sans statut de cadre, entré 1er septembre 2021, démission pour lundi 30 novembre 2026 : cinq ans et trois mois. Certificat daté du dernier jour selon usage SECO.
La responsable RH commence lundi 9 novembre. Dernière évaluation confirmée des deux parties : moyennes 4.2 compétence professionnelle, 3.6 méthode, 3.4 conduite, échelle 1–5. Arrondis proposés 4, 4, 3, sans remplacer l’observation : le responsable confirme et ajoute des projets. Vendredi 20 novembre, transmission pour contrôle ; validation par le directeur, distinct de l’auteur. Aucune interruption : pas d’absence à mentionner. Ni naissance ni motif, selon souhait. Remise signée PDF et papier le 30 novembre 2026.
Checklist
- Type demandé : complet, attestation ou intermédiaire
- Dates et fonctions comparées au dossier
- Tâches concrètes et durées
- Prestations et conduite toutes deux évaluées
- Affirmations prouvables, négatifs importants présents, détails omis
- Aucun code ni ambiguïté
- Naissance/motif seulement souhaités
- Responsable associé, seconde lecture
- Date, lieu, signature, aucune rature
- Copie classée au dossier
La solution KMU | base
HR | base vous accompagne du premier projet jusqu’au classement dans le dossier. Le logiciel ne rédige cependant pas le certificat à votre place. Les blocs de texte constituent des propositions que vous devez lire, vérifier et compléter avec des observations concrètes.
1. Ouvrir. Personnel › Collaborateurs › Personne › Certificat de travail, visible avec droit de gestion des certificats. Type : Certificat intermédiaire, Certificat de travail final ou Attestation de travail. Nom, entrée/sortie, fonction et tâches de la description de poste préremplis. Vous pouvez choisir la langue du certificat : allemand, français, italien ou anglais, selon la personne concernée.
2. Notes/blocs. Dernière évaluation confirmée des deux parties, sinon avertissement. Critères compétence, méthode, conduite, direction pour cadres : niveaux 1–5 et propositions en langage suisse, librement modifiables. Échelle du produit, pas officielle. Textes littéraux sans codes. Avis juridique et lien SECO dans le formulaire. Naissance/motif sur demande expresse seulement.
3. Responsable. « Demande de certificat au responsable hiérarchique » déclenche une évaluation de départ dans le portail d’équipe, sans e-mail. Droit de gestion des évaluations et modèle nécessaires. Checklist : « Obtenir le projet auprès du responsable » et « Établir certificat/attestation (CO 330a) ».
4. Projet et validation. Brouillons incomplets enregistrables ; champs obligatoires seulement à « Soumettre pour vérification ». Aperçu PDF au format final marqué « PROJET ». Selon quatre yeux, seule une autre personne que le dernier éditeur peut « Contenu vérifié – valider » ; règle désactivable. Chaque révision reste versionnée avec statut et moment.
5. Export. Versions validées en PDF/Word, classement automatique dans les documents personnels ; final/attestation termine le point CO 330a de la checklist de départ.
Voir Protection contre le congé et Calcul du délai. Consultez la démo ou ouvrez un compte d’essai. Voir Tarifs. Questions : page Contact.
Sources
- Code des obligations (OR ; CO, RS 220), art. 330a, état au 1er octobre 2026 : Fedlex, consulté le 26.10.2026.
- SECO, FAQ certificat de travail, droit, contenu et exigences, orientation non contraignante (en allemand), consulté le 26.10.2026.
- Tribunal fédéral, ATF 129 III 177, extrait Ire Cour civile, consid. 3 (en allemand) : arrêt, consulté le 26.10.2026.
- Tribunal fédéral, ATF 136 III 510, extrait Ire Cour de droit civil, consid. 4 (en allemand) : arrêt, consulté le 26.10.2026.
Ce guide ne remplace aucun conseil juridique ou fiscal. État des informations : 26 octobre 2026.
